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mercredi 19 juin 2013

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Après le 23 mai : Agadez la stoïque

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Lundi 27 mai 2013, 09h45 du matin, le Mont Bagzane (du nom du sommet de ces montagnes de l’Air culminant à 2022 mètres soit 6634 pieds), l'avion du Président de la République du Niger s'immobilise sur le tarmac de l'aéroport international Mano Dayak d’Agadez.

La matinée n'est vraiment pas chaude (la saison de chaleur est pourtant à son pic au Niger), elle n'est pas du tout fraîche : elle est dans cet entre deux qui enveloppe la vieille cité, capitale du nord Niger.

Hier nous ne parlions que de ‘’Nord-Mali’’, aujourd’hui nous nous mettons à évoquer le ‘’Nord Niger’’. Pourquoi dans nos contrées, les difficultés viennent systématiquement par le nord ? Un hasard ? Une mauvaise et passagère loi des séries ? Ou alors, serait-ce parce que certains des nôtres tiennent mordicus à nous délester de notre nord, à nous le faire perdre, eux qui ont définitivement rompu avec le leur ?

A Agadez, le climat a donc décidé de se mettre au diapason de cette lourde atmosphère d’incertitude qui enveloppe la ville : ni chaud, ni froid, juste un purgatoire climatique. Cette impression finit de vous persuader, même si vous n’êtes pas informé, que la cité porte un deuil. Il y a une douleur dans cet air un peu contrit, dans cette foule peu nombreuse et ces regards graves, sur ces visages attentifs mais distraits, hospitaliers mais peinés, avenants mais comme endoloris…

Les nigériens sont d’un tempérament très stoïques, endurants, patients… Le protocole de l’accueil est solennel mais réduit au strict minimum, sans effusion, avec netteté, sans fioritures.

On entend surtout et on voit cet assourdissant silence, mélange de colère rentrée et de recueillement collectif.

La République est affligée, comme les gens d’Agadez. Le pays est uni : le Président de la République Issoufou Mahamadou s’est fait accompagner pour la circonstance par le Président de l’Assemblée Nationale et surtout, par le Chef de file de l’Opposition. La présence massive du Corps diplomatique témoigne de la solidarité internationale.

Le sol, habituellement peu nanti en végétation, est plus dépouillé encore, presque un paysage minéral,  lunaire, hier tirant vers le marron, désormais délavé, un reg jaunâtre… Certes, on est déjà dans la période de soudure, celle de la canicule, des sols asséchés, des déficits hydriques, des tarissements cycliques, des desséchements récurrents … mais là, le sol d’Agadez semble avoir perdu, en plus de son eau, ses larmes.

La terre a beaucoup pleuré, depuis ce funeste jeudi 23 mai 2013, où les terroristes ont  frappé Agadez. Le ciel, la terre, l’air, les gens (les arrivants, les locaux, les officiels, la multitude…), les bâtiments, les enseignes… tous sont chagrinés. Pourtant aucune effusion particulière, aucun cri, aucune démonstration d’exubérante tristesse … la douleur est visible mais contenue, la souffrance est réelle mais la dignité en couvre pudiquement la face, l’affliction est là mais la forte croyance islamique, par son fatalisme, par son acceptation du Destin, en atténue la fureur …

Tout au long des rues de la ville, des hommes, des femmes, des enfants … tous debout pour souhaiter la bienvenue aux illustres visiteurs… mais à la manière de ceux qui se lèvent lors du passage d’un cortège funèbre (tradition musulmane due au Prophète Mohamed SAWS et très respectée au Niger).

Ils ne disent rien. Ils sont justes là.

Le cortège traverse une ville debout, dehors, mais silencieuse, atone…

Agadez n’est pas une ville ordinaire. C’est une cité historique, inscrite au patrimoine de l’Humanité, et sacrée. Elle ne compte pas moins de 83 Mosquées dont 4 de Vendredi, 79 de quartier et dont la plus célèbre date du XVIème siècle. S’en prendre à elle est donc plus qu’une banale agression. C’est pire, une profanation.

Agadez est accablée, violentée, blessée, martyrisée … Elle a comme perdu une certaine virginité, venue à l’âge adulte par un viol…

Mais Agadez s’est relevée et veut croire que ce cauchemar se soigne et que l’espoir arrive, porté par notre caravane, comme dans son glorieux passé, ces processions de dromadaires lui apportaient si souvent la délivrance.

Au milieu de cette déshérence collective, trône la fameuse Mosquée d’Agadez, témoin de ce prestige spirituel, baraka des environs : une légende raconte que ses milliers de poutres en bois n’ont été installé que lorsque, sur chacun, fut lu le Saint Coran en entier …

Nous nous dirigeons vers la caserne-école militaire où s’est concentré le supplice terroriste.

Sur un immense terrain vague, si dégagé, si épuré, si infini … qu’il semble fait pour illustrer l’expression éponyme, ‘’le vague à l’âme’’.

Des rangées de militaires pour rendre les honneurs, à nous-mêmes surement, mais surtout à leurs frères d’armes tombés sur le champ d’honneur.

Une succession de tentes et de rangées de hangars provisoires pour nous mettre à l’abri d’un soleil en passe de fondre lui aussi en larmes, de verser ses rayons en mode liquide sur nos peaux déjà cuites en surface …

Des hommes et des femmes si sagement assis, dans la détresse, dans l’attente aussi de cette espérance annoncée, venant de Niamey.

Là aussi par catégories (les religieux à part, les familles des victimes de coté, les officiels, le commun des « agadessois » se serrant les coudes, les maitres de cérémonie, les journalistes et autres techniciens s’affairant partout …), comme si on remettait aussi en ordre, ce lundi 27, ce que les criminels du jeudi 23 ont voulu éparpiller, désorganisé, déchiqueter …

A tous égards, cette cérémonie veut panser les plaies, honorer les morts, soulager les survivants, enterrer ce sombre passé et embrasser un bel avenir… dans sa forme comme dans son fond.

Le rituel commence alors par une Fatiha et quelques versets-prières. S’en suit le cérémonial militaire : le Ministre nigérien de la Défense égrenant respectueusement les noms des victimes et leur consacrant la reconnaissance posthume de la Nation.

Enfin, le Président de la République va à la rencontre des veuves, des pupilles de la Nation et leur présente ses condoléances, celles de la République.

Plus tard, il prendra la parole, devant un parterre d’officiers et d’hommes de troupe, bérets verts et d’autres rouges.

Il trouvera les mots justes et le ton approprié pour dire la colère de la République, la blessure de la Nation, le deuil du pays, la détermination de l’État à continuer la lutte contre le fléau terroriste, la résolution du Gouvernement, la solidarité de la Communauté Nationale…

C’est seulement dans la tragédie que la Fonction Présidentielle prend tout son lustre, montre tout son éclat…

Nous marchons alors vers la seconde étape : visiter la caserne attaquée.

Nous marchons quelques centaines de mètres et nous voici en face de cet imposant portail, désormais béant, par lequel est entrée, par effraction criminelle, la voiture de la mort. Tout est champ de ruine, la scène du crime est encore (presque) intacte, fumante et sanguinolente… Un immense cratère de quelques mètres creusé dans un sol pourtant dur.

Un grand morceau de châssis, des centaines de petites pièces de métal comme méticuleusement découpées à la scie, des arbres intégralement calcinés, noirs d’ébène (leurs feuilles, leurs branches, leurs troncs …), avec une fine poudre à la surface, comme frappés par une foudre, ou atteints par une chute de météorite, les toits (en zinc) des bâtisses disloqués, des antennes paraboliques défigurées et définitivement inaptes à capter le moindre signal satellitaire, des dortoirs aux meubles en vrac, traces de luttes féroces, attestant du courage des résistants, des flaques de sang couvrent le sol nu, une moquette bien précieuse, des chaussures de sport abandonnées, désormais surement orphelines …

Un ouragan meurtrier est passé par ici. Il a tout souillé, détruit, tué alentour, les hommes comme les arbres, les plantes comme la terre, les maisons comme les moindres objets de vie …

Nous suivons des explications très documentées et instructives d’un expert militaire nigérien sur les éléments constitutifs du mélange explosif utilisé.

La seule circonstance où les terroristes font dans le syncrétisme : lorsqu’ils fabriquent leurs bombes … Ils ne sont œcuméniques que pour mettre assembler de quoi tuer …

Puis nous entrons dans ce couloir étroit, où on sent la chair humaine, mêlée de gaz lacrymogène, de chevrotine, de plomb. Il se termine en impasse dans une douche à l’angle de la demeure.

Là s’est suicidé l’un des terroristes assiégé.

Sa tête, nous dit-on, a traversé le plafond de zinc pour retomber dehors.

Sur les murs, la viande humaine hachée, séchée, plus du tout rouge, plutôt brune, des éclats qui ont du gicler puissamment et se coller là, pour se séparer de ce corps malade, chair mourante mais probablement soulagée de quitter cette tête qui l’a menée vers tant de cruauté…

Depuis quand le martyre se conçoit-il dans les toilettes, lieu d’impureté où le Coran ne se lit pas et où la prière ne s’énonce guère ?

Mais ce n’est pas le seul écart que ces prétendus musulmans, vrais criminels, ont pris avec l’Islam.

Ainsi, ils ont choisi de tuer en plein mois sacré de Rajab où l’Islam a confirmé l’interdiction de la guerre, en vigueur bien avant lui dans la péninsule arabique.

Ils ont aussi pris sur eux d’attaquer, à l’heure de la prière, pour trouver les gens absorbés par leur culte, donc pour massacrer des bons croyants, fidèles pratiquants …

A Arlit, les personnes tuées par l’explosion accomplissaient la prière du Vejr (l’aube) à coté de la centrale électrique …

Peut-on concevoir pire cruauté, plus grande hérésie, déraison plus criminelle ?

Que de circonstances aggravantes ...

Et puis, on m’a raconté l’histoire de cet enfant.

Il avait 14 ans accomplis. Il avait l’habitude, en allant vers la prière d’El-Vejr (l’aube) de passer par la caserne et de se faire accompagner par un cousin soldat : chaboun neche2eu vi6a3ati Allah, un jeune qui grandissait dans la dévotion à Allah ... un de ceux qui auront droit à l'Ombre Divine, en ce jour où il n'y a d'ombre qu'Elle, en ce jour où le soleil est sur les têtes, en ce Jour du Jugement Ultime, le Jour le plus long, celui qui équivaut à 50 000 (oui cinquante mille ans) de nos calendriers ...

Ce matin là, cet enfant là a été fait martyr, fauché par la barbarie terroriste.

Les assaillants disent chercher la Chahada (le martyr) …

Ils en sont bien loin mais pour sur, ils ont donné à Agadez et au Niger 25 martyrs (Chouhada) …

En quittant la caserne, on sort avec la lourde impression d’avoir été témoin de l’après passage de l’apocalypse, The day after (le jour d’après).

La vie va et doit reprendre, dedans comme dehors… pour la mémoire de ces âmes innocentes lâchement arrachées à l’affection des leurs, ombres filantes dans les rues aux foules clairsemées du bel Agadez …

Niamey le jeudi 30 mai 2013

Abdallahi Ould Bah Nagi Ould Kebd

Consul Général de Mauritanie au Niger.

Journée mondiale de la liberté de la presse : 39 Prédateurs de la liberté de l’information recensés par RSF en 2013

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Photo RSFA l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse, Reporters sans frontières publie une liste de 39 Prédateurs de la liberté de l’information, chefs d’États, hommes politiques, chefs religieux, milices et organisations criminelles qui censurent, emprisonnent, enlèvent, torturent et parfois assassinent les journalistes et autres acteurs de l’information. Puissants, dangereux, violents, ces Prédateurs se considèrent au-dessus des lois.

Ces prédateurs de la liberté de l’information sont responsables des pires exactions contre les médias et leurs représentants. Leurs actions sont de plus en plus efficaces : 2012 a été une année historiquement violente pour les acteurs de l’information, avec un nombre record de journalistes tués”, déplore Christophe Deloire, secrétaire général de Reporters sans frontières. “La Journée mondiale de la liberté de la presse, instaurée à l’initiative de Reporters sans frontières, doit être l’occasion de rendre hommage à tous les journalistes, professionnels et amateurs, qui payent leur engagement de leur vie, leur intégrité physique ou leur liberté, et de dénoncer l’impunité dont bénéficient ces prédateurs.”

Cinq nouveaux prédateurs rejoignent la liste : le nouveau président chinois Xi Jinping, le groupe djihadiste Jabhat Al-Nosra en Syrie, les membres et partisans des Frères musulmans en Égypte, les groupes armés baloutches du Pakistan et les extrémistes religieux des Maldives. Quatre prédateurs ont disparu de la liste : l’ancien ministre somalien de l’Information et des Télécommunications, Abdulkadir Hussein Mohamed ; le président birman Thein Sein, dont le pays connaît une ouverture sans précédent, malgré une situation instable ; le groupe ETA, ainsi que les forces de sécurité du Hamas et de l'Autorité palestinienne, dont les exactions envers les médias sont en sensible diminution.

Pour mieux dénoncer les Prédateurs, Reporters sans frontières formule des actes d’accusation étayés dans l’espoir que ces individus ou ces mouvances soient un jour forcés de rendre des comptes à la justice. Pour mettre en évidence le décalage entre leurs propagandes et la vérité, leurs assertions officielles sont confrontées aux faits. Pour démontrer leurs intentions profondes, Reporters sans frontières se met dans leurs têtes et présente leurs pensées au style direct, à la première personne. La transcription est librement établie par l’organisation, mais les faits invoqués conformes à la réalité.

De nouveaux noms dans la liste des Prédateurs

Un prédateur en remplace un autre : Xi Jinping reprend sans surprise la place de prédateur de l’ancien président chinois Hu Jintao. Le changement d’individu ne remet en rien en cause le système liberticide porté à bout de bras par le Parti communiste chinois.

La liste des prédateurs subit elle aussi le contre-coup des printemps arabes et des mouvements de soulèvements populaires. Les membres et partisans du parti des Frères musulmans en Egypte se rendent responsables d’actes d’agressions, de pressions et de harcèlement envers les médias indépendants et les journalistes critiques du parti et du président Morsi.

L’entrée de Jabhat Al-Nosra symbolise l’évolution du conflit syrien et le fait que les exactions ne sont plus du seul fait du régime, représenté dans la liste des prédateurs par Bashar Al-Assad, mais également de groupes armés de l’opposition, qui s’avèrent de plus en plus intolérants et suspicieux envers les médias.

Du 15 mars 2011 au 3 mai 2013, au moins 23 journalistes et 58 citoyens-journalistes ont été tués en Syrie. A ce jour, 7 journalistes sont toujours portés disparus.

Au Pakistan, les groupes armés Balochistan Liberation Army (BLA), Baluch Liberation Front (BLF) et Musallah Defa font du Baloutchistan l’une des régions les plus dangereuses au monde pour les journalistes. Ils ont instauré la terreur au sein des médias, assassiné des journalistes et créé des trous noirs de l’information. A noter que les services de renseignement pakistanais, également responsables d’exactions contre la presse, figurent déjà dans la liste des prédateurs.

Aux Maldives, depuis la mutinerie militaire de 2012, qui a renversé le président Mohamed Nasheed, les groupes religieux extrémistes tentent d’user de leur force de nuisance pour étendre leur influence dans le pays. À l’approche de l'élection présidentielle de juillet 2013, ils durcissent leurs positions. Ils intimident les médias et les blogueurs et instrumentalisent la liberté d'expression pour imposer un agenda religieux en refusant que cette liberté soit étendue aux autres.

Ces Prédateurs qui jouissent d’une intolérable impunité

Les agressions et assassinats de journalistes se soldent généralement par une impunité totale des responsables. C’est pour les Prédateurs un encouragement à poursuivre les violations des droits de l’homme et de la liberté d’information. Les trente-quatre Prédateurs qui figuraient déjà sur la liste 2012 continuent de piétiner la liberté d’information dans le dédain le plus complet et l’indifférence générale.

Les dirigeants des régimes dictatoriaux et des pays les plus fermés coulent des jours paisibles tandis que la presse et les acteurs de l’information étouffent ou ont été réduits au silence. C’est le cas de Kim Jong-un en Corée du Nord, Issaias Afeworki en Erythrée ou Gourbangouly Berdymoukhamedov au Turkmenistan. Pour ces pays, ainsi que pour le Bélarus, le Vietnam, et certaines dictatures d’Asie centrale (Ouzbékistan en tête), le silence de la communauté internationale est plus que coupable, il est complice. RSF appelle la communuté internationale à ne plus se cacher derrière les intérêts économiques et géopolitiques. Forts de leurs ressources naturelles, Ilham Aliev en Azerbaïdjan, et Noursoultan Nazarbaïev au Kazakhstan savent pertinemment que nul ne viendra leur taper trop fort sur les doigts. Les intérêts économiques passent avant tout, comme avec la Chine. Même scénario pour des Etats ‘stratégiques’ pour les pays occidentaux.

Les deux prédateurs iraniens - le président Mahmoud Ahmadinejad et le Guide Suprême, l’Ayatollah Khamenei - ont déjà pris des mesures pour dissuader les médias d’assurer une couverture indépendante de l’élection présidentielle du 14 juin 2013. En témoignent les vagues d’arrestations de journalistes et détentions préventives qui se succèdent depuis le dimanche noir, 27 janvier 2013.

Les organisations criminelles ou paramilitaires, souvent liées au narcotrafic - Zetas au Mexique, Urabeños en Colombie ou mafias italiennes -  continuent de prendre pour cibles journalistes et médias jugés trop curieux, trop indépendants, souvent hostiles. Pays particulièrement meurtrier pour les journalistes, le Mexique en compte 86 tués et 18 disparus depuis 2000. Justice n’a été réellement rendue dans aucune de ces affaires.

En Russie, un tour de vis répressif a été mis en place depuis le retour à la présidence de Vladimir Poutine, en réponse à une mobilisation sans précédent de l’opposition. Le pays reste marqué par l’impunité intolérable de nombreux assassins et agresseurs de journalistes. Pas moins de 29 journalistes ont été tués en lien direct avec leur activité professionnelle depuis l’année 2000, dont la journaliste Anna Politkoskaïa.

Pourquoi les prédateurs échappent-ils à la justice ?

La persistance d’un haut niveau d’impunité ne s’explique pas par l’existence d’un vide juridique. Des normes et des mécanismes existent pour protéger les journalistes dans l’exercice de leur profession. La protection des journalistes et autres acteurs médiatiques incombe en premier lieu aux États comme le rappelle la résolution 1738 relative à la sécurité des journalistes, adoptée par le Conseil de sécurité des Nations Unies en 2006. Pourtant, les États sont trop souvent défaillants, soit par manque de volonté politique de réprimer de telles exactions, soit parce que leur appareil judiciaire est inexistant ou affaibli, soit encore parce que les autorités sont responsables de ces exactions. La mise en place d’un mécanisme de contrôle du respect et du suivi de la résolution 1738 par les États membres des Nations unies, proposée par Reporters sans frontières, inciterait les États à adopter des dispositions pénales spécifiques incriminant les crimes, agressions et disparitions de journalistes, à étendre les obligations des États envers les acteurs de l’information non-professionnels et à renforcer leur lutte contre l’impunité.

Au niveau international, la protection juridique des journalistes est également garantie par la Déclaration universelle des droits de l’homme, le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, les Conventions de Genève entre autres textes. Les Nations unies ont récemment publié un Plan d’Action sur la sécurité des journalistes et la lutte contre l’impunité.

La mise en place d’une Cour pénale internationale n’a malheureusement pas fait progresser la lutte contre l’impunité des auteurs des crimes les plus graves contre les journalistes, malgré leur rôle fondamental d’information et d’alerte pendant les conflits armés internes et internationaux. La CPI n’est compétente que lorsque les faits ont lieu sur le territoire d’un Etat partie ou si la personne accusée du crime est ressortissant d’un État partie. En outre, le Statut de Rome (constitutif de la CPI) ne prévoit aucune incrimination spécifique des attaques délibérées contre les journalistes. Un amendement à l’article 8 est nécessaire pour que les attaques délibérées contre les professionnels des médias soient considérées comme un crime de guerre.

Ces personnalités et mouvements qui sortent de la liste des Prédateurs

Abdulkadir Hussein Mohamed

Surnommé "Jahweyn", cet homme politique somalien a quitté son poste de ministre de l'Information et des télécommunications. Son successeur ne semble pas directement responsable de pressions, d'intimidations ni d'exactions à l'encontre de la presse. L'exercice du métier d'informer reste certes très périlleux en Somalie (où 18 morts ont été recensés en 2012).

Le président birman Thein Sein

Au pouvoir depuis mars 2011, Thein Sein ne mérite plus le qualificatif de prédateur de la liberté de la presse. C’est sous sa présidence que la junte militaire a été dissoute et que tous les journalistes et blogueurs emprisonnés, y compris les 17 vidéo-journalistes de la Democratic Voice of Burma, ont été libérés. En 2012, la censure préalable a été abolie, nombre de médias en exil sont rentrés. Les premiers quotidiens privés sont parus début 2013.

Les forces de sécurité du Hamas et de l'Autorité palestinienne

Les forces de sécurité de l'Autorité palestinienne en Cisjordanie et celles du gouvernement du Hamas à Gaza sortent cette année de la liste des prédateurs. Le nombre de violations de la liberté de la presse qu’elles ont commises a considérablement diminué au cours des quatre dernières années. Toutefois, la situation de la liberté de l'information reste préoccupante, en Cisjordanie et à Gaza. Le gouvernement du Hamas a récemment interdit aux journalistes gazaouis toute collaboration avec des médias israéliens, et très nombreux sont les procès pour 'insulte à la personne du Président Mahmoud Abbas'.

ETA

L’organisation a été retirée de la liste des Prédateurs en 2013. ETA a en effet annoncé en 2011 la “fin définitive de ses actions armées" et depuis n'a pas réalisé d'attentats contre des journalistes ou médias. Reporters sans frontières n’oublie naturellement pas les journalistes tués ou agressés par ETA et continue de demander que justice soit faite pour les actes commis. A l'avenir, RSF demeurera extrêmement vigilante, attentive au moindre indice de menace contre la liberté de la presse dont se rendrait coupable ETA.

Source : www.rsf.org

République centrafricaine : Radios communautaires saccagées, une journaliste tuée

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Reporters sans frontières observe avec une profonde inquiétude la multiplication des actes de violence à l'encontre des médias et des journalistes en République centrafricaine, depuis que le pays est en proie à un mouvement de rébellion qui menace le pouvoir central du président François Bozizé.

Depuis le mois de décembre 2012, les radios communautaires, sources d'information pour de nombreux Centrafricains, sont particulièrement touchées. L'organisation a appris que des équipements avaient été pillés ou emportés, comme ceux de Radio Be Oko à Bambari (Centre) et de Radio Kaga à Kaga Bandoro (Centre). Elisabeth Blanche Olofio, une journaliste de Radio Be Oko, a été tuée lors de l'attaque de sa station par les rebelles, tandis que l'on reste sans nouvelle de ses collègues.

Selon les informations recueillies par Reporters sans frontières, d'autres journalistes ont été brutalisés ou vivent sous la menace.

"A la fois victimes de l'agressivité des rebelles mais aussi d'actes de pillage commis par des populations locales profitant du désordre, plusieurs radios communautaires ne sont plus en état de fonctionner. Bien que politiquement neutres, nombreuses sont les stations qui ont été contraintes d'interrompre leurs émissions, soit parce qu'elles n'ont plus les moyens matériels de les poursuivre, soit par crainte pour la sécurité de leur personnel", a déclaré Reporters sans frontières.

"En période de troubles, réduire au silence les journalistes met en danger la population en la privant d'informations cruciales. Il est impératif pour la sortie de crise que ces exactions cessent", a ajouté l'organisation.

Outre le drame traversé par Radio Be Oko, la station Radio Magbadja à Alindao (Centre), récemment installée par les équipes de Radio France Internationale (RFI), a été entièrement pillée par la coalition rebelle Séléka. L'Association des radios communautaires de Centrafrique (ARC) signale que huit radios sont particulièrement en difficulté :

-    Radio Yata in Birao

-  Radio Barangbaké in Bria

-  Radio Linga FM in Bambari

-  Radio Be Oko in Bambari

-  Radio Kaga in Kaga Bandoro

-  Radio ICDI in Boali

-  Radio Magbadja in Alindao

-  Radio Mbari in Bangassou.

La République centrafricaine se situait en 2011-2012 à la 62e place, sur 179 pays, dans le classement mondial de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières. Le faible taux d'alphabétisation fait de la radio l'un des principaux vecteurs d'information, même si la répartition géographique des stations est très inégale.

Plus d'informations sur le paysage médiatique et la liberté de l'information en République centrafricaine : http://fr.rsf.org/report-rca,8.html

Gambie : Censure, pressions, menaces : un mois difficile pour la presse chez Yahya Jammeh

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photo DRLa Gambie a fait parler d'elle au mois d'août 2012, lorsque le chef de l'État, Yahya Jammeh, a annoncé que 47 prisonniers condamnés à la peine capitale seraient exécutés au cours du mois de septembre. Face au tollé provoqué par cette annonce et suite à de vives protestations internationales, l'ancien lieutenant qui s'était emparé du pouvoir par un putsch en 1994 a fait volte-face et a décidé, le 14 septembre, d'adopter "un moratoire sur les exécutions".

Mais les autorités de Banjul sont tombées à bras raccourcis sur les journalistes s'étant exprimés trop librement sur la question et ayant osé dénoncer ces promesses d'exécutions. La presse, locale et étrangère, qui s'est fait le relais des critiques contre le pouvoir, a été prise pour cible. Reporters sans frontières soutient l'Union de la presse gambienne (Gambia Press Union, GPU) qui a dénoncé, le 26 septembre, une "détérioration de la liberté des médias".

"Aussi surprenant que cela puisse paraître dans un pays où la liberté de la presse est déjà fort limitée, la situation s'est effectivement détériorée au cours du dernier mois. Les journalistes qui osent la critique et ont le courage de couvrir l'actualité sensible telle que les questions de droits de l'homme subissent les assauts répétés des autorités de Banjul. Quand le président Jammeh comprendra-t-il que les médias, par le débat et l'échange d'idées, participent au développement social et politique d'un pays ?", s'est interrogée Reporters sans frontières.

Fermeture de médias manu militari

Le 15 septembre 2012, des membres de l'Agence nationale de renseignement (NIA) ont investi les locaux de deux journaux indépendants, The Standard et le Daily news, avant d'en ordonner la fermeture. Agissant sur ordre direct du chef de l'Etat, les agents ont indiqué ne pas disposer du motif de la sanction, ni connaître sa durée. Selon certaines sources, cette décision arbitraire résulterait de la publication, dans ces deux titres, de contenus critiques (lettres, pétition..) à l'égard du choix de Yahya Jammeh de confirmer les condamnations à mort, pratique révolue dans le pays depuis 1981.

Des agents de la NIA avaient déjà ordonné, un mois plus tôt, la fermeture de la radio commerciale Teranga FM, pour avoir refusé d'arrêter la revue quotidienne de la presse gambienne. Ce programme très suivi, qui reprend l'ensemble des gros titres de la presse indépendante, permet à une population en majorité illettrée de pouvoir suivre l'actualité de leur pays en langues locales (Mandinka, Fula, Wolof). En janvier 2011, cette radio, située à Sinchu Alhagie (Ouest), avait déjà fait l'objet d'une fermeture pour les mêmes raisons.

Certains observateurs voient, dans ce procédé, une sanction contre le ton décomplexé d'un talk-show hebdomadaire, où des représentants de l'opposition ont fustigé le bilan négatif du chef de l'Etat en matière des droits de l'homme.

Poursuivis pour un appel "à manifester pacifiquement"

Arrêtés le 7 septembre 2012, deux journalistes ont été inculpés pour "conspiration" et "incitation à la violence", avant d'être libérés sous caution. Leur tort : avoir déposé une demande d'autorisation auprès du ministère de l'Intérieur pour manifester pacifiquement contre de nouvelles exécutions de prisonniers.

Baboucarr Ceesay, collaborateur du journal Daily news, est vice-président de la GPU, tandis qu'Abubaccar  Saidykhan est journaliste indépendant.

Baboucarr Ceesay est également poursuivi, depuis le 19 septembre, pour "publication séditieuse" en raison d'un article paru dans la revue Africa Review, que le journaliste nie avoir écrit.

Journalistes étrangers, "personae non gratae"

Après avoir déclaré qu'il appartenait "aux Gambiens de résoudre leurs problèmes" sur l'antenne de Radio Liberté, Pape Alé Niang, journaliste pour la chaîne privée sénégalaise 2STV, s'est attiré les foudres du président Jammeh. Ce dernier a menacé le journaliste sénégalais de mort s'il envisageait de réaliser des reportages en territoire gambien.

Deux semaines plus tôt, Thomas Fessy, journaliste français pour la radio britannique British Broadcasting Corporation (BBC), a été retenu pendant près de cinq heures à l'aéroport de Banjul. Le journaliste était muni d'un visa et avait pris soin d'avertir le ministère de l'Information de sa venue, mais il a été refoulé. Seul motif apparent : être journaliste. Malgré ses tentatives auprès de la Présidence, et du ministère des Affaires étrangères, Thomas Fessy n'a pu inverser la décision.

Le journaliste se rendait en Gambie à la suite des révélations, par les autorités gambiennes, de l'exécution de neuf condamnés à mort.

Poudre aux yeux ou promesses sincères ?

Au lendemain de la visite du célèbre militant des droits civiques des afro-américains Jesse Jackson, en déplacement en Gambie pour demander la grâce des prisonniers condamnés à mort, le président gambien a autorisé l'ONU à enquêter sur l'assassinat, en 2004, du directeur du journal privé The Point, Deyda Hydara, et sur la disparition, en 2006, du journaliste du Daily Observer, Chief Ebrima Manneh.

"Ces deux affaires sont symptomatiques de l'impunité qui règne en Gambie concernant les violations de la liberté de la presse. Huit et six ans après ces faits consternants, aucun progrès dans les enquêtes n'a pu être observé. Si l'ONU est effectivement autorisée à mener des investigations, elle doit faire appel à des enquêteurs internationaux indépendants qui doivent bénéficier de la coopération totale des services de sécurité gambiens", a déclaré Reporters sans frontières.

Cofondateur de The Point, et correspondant de l'Agence France-Presse (AFP) et de Reporters sans frontières, Deyda Hydara a été abattu au volant de sa voiture dans la soirée du 16 décembre 2004. Selon un rapport de mission de Reporters sans frontières (lien : http://fr.rsf.org/gambie-deyda-hydara-mort-d-un-journaliste-16-05-2005,13789.html) paru en mai 2005, le journaliste le plus respecté du pays était sous étroite surveillance des services de renseignements gambiens (NIA). A ce jour, aucune investigation sérieuse de la part des autorités n'a permis d'identifier les responsables de ce drame.

Depuis son arrestation, le 7 juillet 2006, par des individus présentés comme membres de la NIA, le journaliste du Daily Observer, Chief Ebrimah Manneh, est porté disparu. Annonçant tantôt la mort du journaliste, tantôt son installation aux Etats-Unis sans apporter de preuves concrètes, les autorités de Banjul ont démontré dans cette affaire leur volonté de s'exonérer totalement de leur responsabilité dans la disparition du journaliste.

En 147e position, sur 179 pays, dans le classement mondial 2011-2012 de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières, la Gambie est régulièrement condamnée par la communauté internationale pour les excès de son président, paranoïaque et irrationnel.

REPORTERS SANS FRONTIÈRES

Ambroise PIERRE, Bureau Afrique / Africa Desk, Reporters W/o Borders

 

Niger : La presse nigérienne en proie à de sérieuses vicissitudes

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Un journal interdit de parution, un autre mis en garde, un directeur de publication condamné à une peine de prison : le bilan du mois de juillet 2012 au Niger est lourd. Il révèle toute la fragilité du secteur de la presse qui, d'un côté, a sensiblement gagné en liberté, mais qui, de l'autre, doit encore se professionnaliser afin de conserver les acquis.

Progression spectaculaire des libertés et dépénalisation des délits de presse

Depuis l'ordonnance du 4 juin 2010 portant régime de la liberté de la presse, les délits commis par voie de presse, telles que la diffamation et l'injure publique, ne sont plus sanctionnés par des peines de prison. La détention préventive en matière de délits de presse a été interdite. Seules des amendes pénales peuvent encore être prononcées contre des médias.

A l'issue d'une mission menée à Niamey, en juin 2011, Reporters sans frontières avait salué l'amélioration de la situation de la liberté de la presse dans le pays et publié un rapport d'enquête intitulé "Une page se tourne, espoirs pour la liberté de la presse au Niger et en Guinée".

Poursuivant la politique initiée par le Conseil suprême pour la restauration de la démocratie (CSRD , autorités de transition de l'époque), le président de la République nigérienne, Mahamadou Issoufou, a été le premier chef d'État à signer, en novembre 2011, la déclaration de la montagne de la Table, un texte qui invite à dépénaliser les délits de presse et à placer la liberté des médias au cœur des débats publics en Afrique.

Conséquence logique de ces réformes ambitieuses, de ce comportement favorable des autorités vis-à-vis des médias, et de la quasi absence de violations de la liberté de la presse, le Niger a enregistré une progression spectaculaire dans le classement 2011-2012 établi par Reporters sans frontières (le pays est passé de la 104e à la 29e position, réalisant un bond de 75 places).

Mais la situation reste fragile. Le comportement de certains journalistes nigériens, peu respectueux de l'éthique et de la déontologie de la profession, est de nature à fournir des arguments aux détracteurs de la dépénalisation des délits de presse.

Reporters sans frontières continue de défendre la thèse selon laquelle la dépénalisation ne signifie pas liberté de publier ou de diffuser n'importe quel contenu. Bien entendu, la liberté ne va pas sans responsabilité. L'organisation réitère l'appel qu'elle avait lancé à Niamey : la dépénalisation est une avancée considérable en termes de liberté, mais elle doit s'accompagner d'un respect scrupuleux, par les journalistes, des règles d'éthique de la profession. Autrement dit, ces derniers doivent être à la hauteur des libertés et mériter la confiance que les autorités leur accordent.

"Diffamation, calomnie, mensonge, et atteintes à la vie privée sont la négation de la déontologie journalistique. Si des individus utilisent les médias pour nuire à d'autres personnes, ruiner leur réputation et ne diffuser que de fausses informations, il est inévitable qu'ils soient sanctionnés. A terme, le manque d'éthique de certains auteurs d'articles risque de pervertir la liberté de la presse, si durement conquise", a déclaré Reporters sans frontières.

"Cette situation devrait alerter les pouvoirs publics sur la nécessité de renforcer la liberté de la presse et de soutenir les médias qui respectent la déontologie journalistique. Confier davantage de moyens matériels et humains à l'Observatoire national de la communication (ONC, organe de régulation), aider financièrement l'Onimed (organe d'autorégulation), soutenir la Maison de la presse, et renforcer la formation professionnelle des journalistes peuvent constituer des solutions concrètes pour protéger la liberté de la presse", a ajouté l'organisation.

Le directeur de Jeunesse Infos en prison pour "faux et usage de faux"

Marcus Issaka Lawson, directeur de publication du journal Jeunesse Infos, a été condamné, le 2 juillet 2012, à neuf mois de prison, dont trois avec sursis. Ce journaliste a été emprisonné suite à une plainte pour "Faux et usage de faux en écriture", déposée par Mme Adama Gazibo, magistrate et ancienne secrétaire générale du gouvernement.

Dans un droit de réponse fabriqué de toutes pièces par le journaliste, intitulé "Je ne suis pas celle que vous croyiez", et publié dans le numéro du 13 juin 2012, Marcus Issaka Lawson a attribué à Adama Gazibo des propos qu'elle n'a jamais tenu. Non seulement il détaillait la vie privée de la magistrate, mais il dédouanait aussi la presse pour ses erreurs et félicitait indirectement son propre journal pour le travail d'information réalisé.

Un journal suspendu, un autre mis en garde

Le 24 juillet 2012, l'ONC a décidé d'interdire définitivement de parution le journal Le Mandat, pour "inobservation de la mise en demeure" qui lui avait été adressée un mois auparavant. Il est reproché au journal de n'avoir pas corrigé sa ligne éditoriale malgré l'avertissement infligé, le 20 juin, par l'organe de régulation. A l'époque, l'ONC avait estimé qu'un article paru dans le numéro 15 du journal contenait "de fausses informations qui portaient atteinte à la vie privée de citoyens, à la morale et aux bonnes mœurs."

Dans le cadre d'une autre affaire rendue le même jour, l'ONC a adressé un avertissement écrit au journal Le Visionnaire, également pour "inobservation de la mise en demeure" qui lui avait été adressée plus tôt dans le mois. L'ONC avait alors sanctionné le journal pour publication d'un article, dans son édition n°91 du 23 avril 2012, "contenant des fausses informations et des accusations sans fondements."

Ce journal avait déjà été suspendu de l'Association nationale des éditeurs de la presse indépendante (Anepi) en 2011. Le directeur de publication du Visionnaire avait en effet utilisé son journal pour régler des comptes personnels et répandre de fausses accusations contre le directeur d'une entreprise privée de Niamey dont son épouse venait d'être licenciée.

REPORTERS SANS FRONTIÈRES

Ambroise PIERRE
Bureau Afrique / Africa Desk, Reporters W/o Borders

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