29 janvier 1982-29 janvier 2012, voilà 30 ans que nous quittait Boubou après 75 ans d’une vie bien remplie.
En effet, ce monument de la culture nigérienne, à l’œuvre jusque là inégalée, sans être historien encore moins littéraire dans le sens strict du terme, n’en a pas moins influencé les travaux de nombreux chercheurs sur la culture nigérienne et l’histoire des peuplades du Niger et du Mali, de manière générale.
Né en 1906 à Fonéko – village dont il parlera beaucoup dans ses œuvres – Boubou Hama, deviendra en 1929 le premier instituteur du Niger. Il était alors affecté à ce titre à l’école régionale de Niamey mais sa façon d’enseigner, notamment l’histoire, lui vaudra des remontrances de la part des autorités coloniales qui le taxe très tôt d’anti français.
Même si son parcours politique n’a pas vraiment été aussi reluisant que son parcours d’homme de culture, Boubou Hama a tout de même été président de l’Assemblée nationale du Niger, de 1960 à avril 1974 et président du PPN-RDA de 1955 à la même période.
Grand prix littéraire de l’Afrique noire en 1971 et Prix Léopold Sédar Senghor en 1968, Boubou Hama est de la trempe des écrivains comme Amadou Ampâthé Bâ dont toute l’œuvre est orientée vers la revalorisation de la culture traditionnelle.
De 1954, date où il publie L’Empire de Gao – son premier livre –, à 1977, Boubou Hama écrira ou coécrira pas moins de 37 livres, toute catégories confondues. Entre 1985 et 2006, six autres seront publiés à titre posthume. Même son incarcération trois ans durant, après le coup d’Etat du 15 avril 1975 qui renversa le régime de Diori Hamani, ne l’empêchera pas d’écrire.
Les titres les plus connus de Boubou Hama sont certainement sa trilogie autobiographique notamment : Kotia Nima publié – en 3 volumes – en 1969 ; L’Extraordinaire aventure de Bi Kado en 1971 ; Cet Autre de l’homme publié en 1972 et Contes et légendes du Niger en 1972 également. Sans compter une flopée de livres pour enfants dont L’Aventure d’Albarka (1972) ; Founia le vaurien (1975) et Bagouma et Tiégouma écrit en 2 volumes en 1973.
Nommée de 1954 à 1957 directeur par intérim de l’Institut français de l’Afrique noire (IFAN) devenu entre temps l'Institut de recherches en sciences humaines (IRSH), il s’attèlera à constitué un fond documentaire constitué de milliers de manuscrits Ajamis et Arabes qui se trouvent actuellement à l’IRSH.
C’est au cours de cette période que naquit l’idée de la Vallée de la culture regroupant l’IFAN, le Musée national à partir de 1958, le Centre d'Études Linguistiques et Historiques par Tradition Orale (CELHTO) et le Centre culturel franco-nigérien après les indépendances.











