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Revue de presse du 10 juin 2012

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L’on se souvient que le 28 mai dernier, s’est tenu sous la présidence du Président de la république Issoufou Mahamadou la première session ordinaire du Conseil supérieur de la magistrature. Au cours de cette session, d’importantes mesures ont été prises notamment en ce qui concerne la promotion, l’affectation des magistrats nigériens, de même que d’autres mesures conservatoires concernant ces derniers. L’on se souviendra également que dès le lendemain, c'est-à-dire le 29 juin, l’opposition politique, regroupée au sein de l’Alliance pour la réconciliation nationale (ARN) a animé un point de presse pour non seulement contester les décisions prises à l’issue de ce conseil, mais surtout le mode de désignation des membres du conseil qui, selon l’ARN, n’a pas respecté les termes du décret du 4 avril 2012 portant mode de désignation des membres du Conseil suprême de la magistrature. En l’occurrence, ce décret dit que le président de la république en désigne deux membres et le bureau de l’Assemblée nationale deux. Or, ici, selon elle, c’est le président Hama Amadou qui aurait désigné d’office les représentants de l’institution.

Du coup, les opposants envisagent d’emprunter la voie des tribunaux mais à la différence que cette fois-ci, ils vont faire recours à la Chambre administrative de la Cour d’État en vue de l’annulation pure et simple de toute les décisions issues de ces assises du Conseil suprême de la magistrature.  D’où ce titre en Une de l’hebdomadaire La Griffe : « 1ère session ordinaire du Conseil suprême de la magistrature : L’opposition envisage de porter plainte pour annulation des décisions prises par le conseil ».

« Mahamadou Issoufou a trahi les Nigériens : L’armée étrangère s’implante à Agadez ». C’est ce qu’on peut lire en Une du bimensuel régional Aïr Info qui s’inquiète de la présence de militaires étrangers dans la région depuis un certain temps. Ces militaires seraient des français et des américains venus pour implanter une base militaire à Agadez explique notre confrère qui dit les avoir suivis et même filmés. Et pour lui, leurs agissements ne sont pas du tout ceux d’assistants techniques venus former nos militaires en matière de lutte contre le terrorisme comme on le leur a fait comprendre, mais bien de gens venus s’implanter.

Dans toute cette affaire, pour Aïr Info, la haute trahison du Chef de l’État résulte dans le fait qu’il ait maintes fois démenti l’avènement d’une base militaire étrangère dans notre pays, et que cette fois-ci il laisse faire. Pour notre confrère, c’est une grosse erreur  qu’il commet car ces militaires ne sont pas venus l’aider mais plutôt défendre leurs ressortissants et leur uranium. Et pour illustrer toute l’appréhension des populations locales, celui-ci de prendre quelques témoignages. En l’occurrence celle de cette enseignante qui résume tout et pour qui, « c’est le jour où ces étrangers commenceront à bombarder les campements de nos parents qu’ils auront confondus à des camps d’entraînement d’Al Qaïda que le président Issoufou saura qu’il s’est amèrement trompé ».

Une fois de plus, cette semaine, la crise qui secoue la Convention démocratique et sociale (CDS) Rahama refait surface. Et cette fois-ci, dans le feuilleton judiciaire à rebondissement que connaît cette affaire qui est passé en cour d’appel, c’est l’aile Mahamane Ousmane qui vient d’avoir gain de cause. C’est du moins ce qu’exprime l’hebdomadaire L’Actualité dans un article intitulé : « Le camp Mahamane Ousmane reprend le dessus », tandis que La Roue de l’histoire lui se demande maintenant : « Quelle alternative pour le camp Labo ». Et bien il faut dire que l’alternative n’a pas tardé à être trouvé puisque Lobo et consorts menace déjà de porter l’affaire devant la Cour de cassation. La boucle sera alors bouclée dans cette affaire qui a donné lieu à un recours en référé, à une assignation devant le Tribunal de grande instance, à un recours en appel et bientôt en cassation.

Cette semaine c’est également que les assises du Bureau information réclamation, lutte contre la corruption et le trafic d’influence dans le milieu judiciaire ont débutées. Aussi, à l’occasion de cette 5ème session qui a débuté le 4 juin dernier le ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Marou Amadou qui présidait la cérémonie d’ouverture a expliqué qu’au cours de cette session, les membres de ce bureau auront à examiner 132 plaintes et dénonciations reçues au niveau de la ligne verte au cours des mois de janvier, février, mars et avril 2012. C’est du moins ce que nous rapporte Le Républicain dans un article intitulé « La moisson de la ligne verte ». Article dans lequel, citant le Garde des Sceaux, il explique qu’une suite sera donnée aux plaintes et dénonciations jugées sérieuses tandis que pour celles ne faisant pas l’objet d’investigations, des informations utiles seront données à leurs auteurs. Et conformément à son titre, Le Républicain de faire un bilan de la précédentes cession qui s’est tenu à partir du 13 août 2011 et qui vu l’examen de 227 dossiers de plaintes et dénonciations dont seulement cinq dossiers ont fait l’objet de saisine devant les juridictions dont une devant le Conseil de l’ordre des avocats.    

« Renforcement du budget de la défense : Le Niger doit-il se laisser surprendre ? », tel est le titre qui barre la Une du Canard déchaîné cette semaine. Un titre sous forme d’interrogation pour évoquer cette augmentation du budget de la défense qui fait encore polémique car pour certains cela n’est tout simplement pas concevable dans un pays où une bonne partie de la population souffre de la crise alimentaire. Pour notre confrère qui égratigne au passage certains politiciens, en l’occurrence les députés de l’opposition qui sont allé jusqu’à voter contre cette loi rectificative proposée par le gouvernement il faut certes nourrir les Nigériens, explique alors ce confrère, « mais il faut avant tout assurer leur sécurité par laquelle passe nécessairement leur alimentation ». Par ailleurs, devait-il rajouter, « personne n’a dit que croix serait faite sur la situation alimentaire difficile que connaît notre pays. C’est juste que des moyens supplémentaires sont mis à la disposition des forces de défense et de sécurité. Quel patriote peut condamner un tel choix ? » Et si tel est le cas, toujours pour Le Canard déchaîné, « c’est alors manquer de respect et de reconnaissance à l’égard de tous ces braves soldats, dignes fils de la patrie qui donnent leur vie, bravant les risques, le froid, la chaleur et l’éloignement familiale pour protéger le Niger et les Nigériens avec des moyens dérisoires mais un patriotisme à toute épreuve ».

Comme pour faire écho à cet article Du Canard déchaîné, nous avons celui de La Griffe qui appelle dans cette affaire à « Regarder la réalité en face !» Pour ce dernier, au vu des enjeux sécuritaires auxquels le Niger fait face, « la décision du gouvernement est même à encourager ».